Edito

Entre les profondeurs des océans et l’infini du ciel, il y a l’Homme. Ou plutôt l’Humanité, faite de milliards d’hommes et de femmes, qui se tiennent en équilibre, souvent divisés et meurtris, incertains d’être eux-mêmes.

Les langues bantoues ont un mot : « Ubuntu », qui est une notion qui n’a de traduction dans aucune autre langue. Celui ou celle qui est « ubuntu » ne se sent pas menacé car il ou elle possède sa propre estime de soi — qui vient de la connaissance qu’il ou elle a d’appartenir à quelque chose de plus grand — et qu’il ou elle est diminué(e) quand les autres sont diminués, humiliés ou opprimés.

L’homme un jour a voulu explorer les fonds marins. « L’odyssée » raconte l’aventure de Cousteau et sera notre film d’ouverture.
Et l’homme, bien avant Cyrano, a rêvé de grimper vers les étoiles. « Interstellar » est notre affiche et la dilatation du temps dans l’espace sera expliquée au public par un astrophysicien.

Et entre les océans et le ciel, il y a notre planète si fragile où s’expriment le génie des sciences, la richesse des intelligences, la confrontation des idées. Histoire, musique, physique, littérature, mathématiques, philosophie… sont bien plus que des matières qui rythment les agendas scolaires mais l’expression que l’humanité a bien décidé d’avancer vers le savoir et le partage des connaissances. Ou qu’elle essaie…

Cette 5e édition propose de cheminer parmi tous ces domaines qui souvent dans notre quotidien cohabitent sans se croiser. Aussi, nos invités sont réalisateurs(trices), scénaristes, acteurs et actrices, mais aussi plongeurs, astrophysiciens, psychanalystes, mathématiciens, écrivains(es)… pour partager, avant tout, le plaisir du cinéma car il nous donne envie de comprendre le monde, de se rencontrer, d’être émus et de rire ensemble.

Et si l’humanité acceptait ses milliards de différences qui font qu’elle est unique, même perdue et si minuscule entre les mers et les étoiles ?

Et si on n’abandonnait pas nos rêves…

ALAIN CHOQUART
Président du festival